Windows 10 : Microsoft tente de corriger ses erreurs

Le nouveau Microsoft est en marche. Mardi à San Francisco, le géant américain des logiciels a levé le voile sur Windows 10, la dernière version de son système d’exploitation vedette. Il a créé ainsi la surprise en passant directement de la version 8 à la version 10, montrant toute l’urgence dans laquelle il se trouve. La rumeur voulait que Microsoft annonce la gratuité de la mise à jour de Windows 10, mais le groupe a refusé de le confirmer.

Deux ans seulement se sont écoulés depuis l’arrivée de Windows 8. Deux années durant lesquelles l’éditeur de logiciels a tremblé sur ses bases. Cette version, accompagnée de la tablette Surface, devait positionner Microsoft face à l’iPad d’Apple. Avec son interface imaginée pour les écrans tactiles, elle devait aussi porter une nouvelle génération de PC transformables et innovants.

Le bilan est en demi-teinte. Microsoft a peiné à convaincre les usagers de l’intérêt des évolutions cosmétiques de Windows 8 et de mettre à jour leurs PC. Il a vu surgir de nouveaux concurrents, tels les ordinateurs Chromebook de Google, plus simples d’accès et moins chers. L’essor des tablettes Android, souvent achetées aux dépens de PC d’entrée de gamme, n’a pas été freiné par la tablette Surface. Or quelque 256 millions de tablettes seront vendues cette année, contre 308 millions de PC, selon les projections de Gartner. Elles dépasseront les ordinateurs dès l’an prochain.

Windows 8 a aussi déconcerté les clients historiques de Microsoft en entreprise. D’après l’institut Forrester, seules 20 % d’entre elles proposent des ordinateurs équipés de Windows 8, qui impliquent que l’on forme les salariés à de nouveaux usages et que l’on dispose de logiciels compatibles. Au total, 13 % des PC tournent sous Windows 8, contre plus de la moitié pour Windows 7 et un quart pour le vieillissant XP, selon les chiffres de NetApplications.
Rassurer les entreprises

Avec Windows 10, Microsoft veut montrer qu’il a appris de ses erreurs. Les utilisateurs de Windows retrouveront le bouton «Démarrer», en bas de l’écran, pour accéder à leurs applications préférées. Ils pourront choisir de naviguer uniquement dans l’interface classique de Windows, conçue pour être utilisée avec un clavier, et non celle lancée avec Windows 8 pour les écrans tactiles. «Cela apporte la familiarité de Windows 7 avec certains éléments de Windows 8», résume Joe Belfiore, vice-président chez Microsoft. Windows 10 inaugure aussi un centre de notifications, pour retrouver l’activité récente de ses applications.

Windows 10 devrait être disponible au téléchargement en bêta en octobre et arrivera dans les magasins et sur les PC mi-2015. Alors que Google et Apple disposent de deux systèmes différents pour les ordinateurs et les tablettes, Microsoft estime toujours que Windows peut tout faire à la fois. La tablette Surface 3, sortie cet été, incarne cette stratégie. D’insistantes rumeurs veulent que Microsoft offre Windows 10 pour les clients ayant acheté Windows 8. La mise à jour depuis Windows 7 coûterait seulement 30 dollars. Cela marquerait une rupture franche dans les habitudes des Microsoft, qui a bâti sa fortune en vendant cher des licences de son système d’exploitation. Il suit de quelques mois le choix de rendre gratuit Windows pour les fabricants de téléphones et tablettes avec des écrans de moins de 9 pouces de diagonale.

La rapidité de la transition vers Windows 10 sera déterminante pour Microsoft, qui compte générer de nouveaux revenus grâce à la vente de services. Il prélève par exemple une commission sur les logiciels vendus depuis le Windows Store et vend un espace de stockage de fichiers dans le cloud. Microsoft a initié cette transition avec sa suite bureautique Office. Elle est désormais disponible gratuitement sur la plupart des plates-formes, avec un abonnement payant pour modifier les fichiers. Office 365 comptait 4,4 millions d’abonnés fin juin. Ces offres cloud représentent maintenant une activité de 4,4 milliards de dollars annuels pour Microsoft. Encore faibles tout de même par rapport à une entreprise de 70 milliards de dollars.

 

Source: Le Figaro